Avant de confier ses dents, sa toiture ou son animal à quelqu’un, une question simple mérite d’être posée : ce professionnel est-il bien ce qu’il prétend être ? En France, la réponse est presque toujours vérifiable en quelques minutes, gratuitement, à partir de registres publics. Ce guide récapitule les vérifications utiles selon le type de métier, et celles qui ne servent à rien.
Toute entreprise a un numéro SIRET, et il est public
Le SIRET est un identifiant à quatorze chiffres attribué à chaque établissement d’une entreprise française. Un professionnel qui exerce légalement en a forcément un, et il doit le communiquer sur ses devis et ses factures. C’est le point de départ de toute vérification.
L’annuaire des entreprises de l’administration (annuaire-entreprises.data.gouv.fr) permet de retrouver gratuitement une entreprise par son nom ou son numéro. Vous y voyez sa date de création, son activité déclarée, son adresse et surtout son état : en activité ou cessée. Une entreprise radiée depuis deux ans qui vous propose un devis est un signal d’alarme sans ambiguïté.
Ce que le SIRET ne dit pas, en revanche : il n’atteste d’aucune compétence. N’importe qui peut immatriculer une entreprise de peinture sans avoir jamais tenu un pinceau. Le registre prouve l’existence légale, pas le savoir-faire.
Les professions de santé : l’inscription à un ordre est obligatoire
Pour une dizaine de métiers, exercer sans être inscrit au tableau de l’ordre professionnel est un délit. C’est le cas des médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, pharmaciens et vétérinaires. Chacun de ces ordres tient un annuaire public de ses inscrits, consultable en ligne.
La vérification est immédiate et vaut la peine dès qu’il s’agit d’un acte de soin. Elle est particulièrement utile pour les métiers où circulent des praticiens non diplômés : un « ostéopathe » doit être enregistré auprès de son agence régionale de santé et détenir un diplôme reconnu, un « kinésithérapeute » doit figurer au tableau de l’Ordre.
Attention à ne pas confondre professions réglementées et professions libres. La sophrologie, la naturopathie ou le coaching ne sont pas des professions réglementées : il n’existe ni diplôme d’État, ni ordre, ni obligation d’inscription. Cela ne signifie pas que les praticiens sont incompétents, mais que rien ne filtre en amont — la vérification repose alors entièrement sur la formation suivie et l’adhésion volontaire à une fédération professionnelle.
Le bâtiment : l’assurance décennale avant tout
Pour tous les travaux touchant à la structure, à l’étanchéité ou aux équipements indissociables du bâti, l’entreprise doit être couverte par une assurance de responsabilité décennale. Cette obligation figure dans le Code des assurances, et l’attestation doit vous être remise avant l’ouverture du chantier — pas après.
Demandez-la systématiquement et lisez-la : elle indique la période de validité et, surtout, les activités couvertes. Une attestation en cours de validité pour de la maçonnerie ne couvre pas une intervention sur l’électricité. C’est l’erreur la plus fréquente, et elle vide la garantie de son intérêt en cas de sinistre.
- Vérifiez la date : une attestation vaut pour une année civile, celle en cours doit couvrir la date d’ouverture du chantier.
- Vérifiez les activités listées : elles doivent correspondre aux travaux prévus, mot pour mot.
- Vérifiez le nom de l’assuré : il doit être identique à celui qui figure sur le devis, raison sociale et SIRET compris.
Pour les travaux ouvrant droit à une aide publique à la rénovation énergétique, une qualification supplémentaire est exigée : le label RGE, « Reconnu Garant de l’Environnement ». Sans lui, l’aide est refusée quelle que soit la qualité du travail. Les entreprises qualifiées sont listées dans l’annuaire officiel du service public France Rénov’.
Les qualifications professionnelles : utiles, mais pas obligatoires
À côté des obligations légales existent des qualifications délivrées par des organismes privés, qui attestent d’un niveau technique vérifié par un tiers : Qualibat dans le bâtiment, Qualifelec en électricité, et leurs équivalents par métier. Elles ne sont pas obligatoires, mais elles supposent un dossier, des références de chantiers et un contrôle périodique.
Le titre d’artisan est, lui, protégé par la loi : il suppose un diplôme du métier ou plusieurs années d’expérience, et une immatriculation au répertoire des métiers. Le titre de maître artisan va au-delà et récompense l’ancienneté et la formation d’apprentis. Ce sont des indices sérieux, à ne pas confondre avec les mentions purement commerciales.
Ce qui ne prouve rien
Certains signaux rassurent à tort. Un site internet soigné ne coûte plus rien à produire. Un « numéro d’agrément » cité sans organisme émetteur ne renvoie à rien de vérifiable. Une longue liste de logos en pied de page mérite qu’on en vérifie un au hasard : l’usurpation de logo est fréquente et rarement poursuivie.
Les avis en ligne demandent la même prudence. Une note moyenne élevée bâtie sur quinze avis déposés la même semaine en dit moins qu’une note correcte étalée sur trois ans. Lisez les avis négatifs et surtout les réponses qui leur sont faites : la manière dont un professionnel traite un litige est plus instructive que sa moyenne.
Enfin, méfiez-vous du démarchage non sollicité, particulièrement pour les travaux de rénovation. Si vous signez à votre domicile à l’issue d’une visite non demandée, vous disposez d’un délai de rétractation de quatorze jours prévu par le Code de la consommation : ne laissez jamais dire qu’il n’existe pas.
Sources
- Annuaire des entreprises, direction interministérielle du numérique — annuaire-entreprises.data.gouv.fr
- Code des assurances, article L241-1 (obligation d’assurance décennale) ; Code civil, article 1792
- Code de la consommation, article L221-18 (délai de rétractation, contrats hors établissement)
- France Rénov’, service public de la rénovation de l’habitat — annuaire des professionnels RGE
- Annuaires publics des ordres professionnels de santé (médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pharmaciens, vétérinaires)
Questions fréquentes
Comment vérifier gratuitement qu'une entreprise existe vraiment ?
L'annuaire des entreprises de l'administration (annuaire-entreprises.data.gouv.fr) permet une recherche gratuite par nom ou par numéro SIRET. Vous y voyez la date de création, l'activité déclarée et surtout l'état de l'entreprise : en activité ou cessée.
Un numéro SIRET garantit-il la compétence du professionnel ?
Non. Le SIRET atteste seulement de l'existence légale de l'entreprise, pas d'un savoir-faire. Immatriculer une activité ne suppose aucun contrôle de compétence : c'est la qualification, le diplôme ou l'inscription à un ordre qui apportent cette garantie.
Quand faut-il exiger une attestation d'assurance décennale ?
Pour tous les travaux touchant à la structure, à l'étanchéité ou aux équipements indissociables du bâti, et avant l'ouverture du chantier. Vérifiez la période de validité, mais aussi la liste des activités couvertes : une attestation valable pour la maçonnerie ne couvre pas l'électricité.
Quelles professions sont obligatoirement inscrites à un ordre ?
Principalement les professions de santé — médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, pharmaciens, vétérinaires — ainsi que les avocats, inscrits à un barreau. Chaque ordre publie un annuaire de ses inscrits.
La sophrologie ou la naturopathie sont-elles réglementées ?
Non. Il n'existe ni diplôme d'État, ni ordre, ni obligation d'inscription pour ces activités. La vérification repose donc sur la formation effectivement suivie par le praticien et son adhésion volontaire à une fédération professionnelle reconnue.
Par la rédaction d’Autour de moi — vérifié le 25 août 2026